Archive for the 'lego my ego' Category

foutraque

Tuesday, May 19th, 2009

pas l’temps, pas d’inspirations concentrées..
(pour savoir ce que j’ai fait le 8 mai, c’est ici )
et des bribes de musiques.

cornelius_sensuous.jpgCornelius, Sensuous. [emprunté à la médiathèque (champs libres)] Cornelius (Keigo Oyamada) m’inspire beaucoup de tendresse, de bons moments, à la fois nostalgiques de sensations échappées d’il y a une trentaine d’années, entre les arcs en ciels, Golem 13 et les cloches de l’enfer, mais aussi bien inscrites dans l’instant de l’heure qui va venir bientôt, d’une fin d’après midi d’été, quand la chaleur commence à tomber, et que l’on s’apprête à reprendre son souffle, pas encore en silence, et même parfois très bruyamment, avant la nuit. Comme un jeu musical alimenté par un amour pur et vrai pour la musique elle-même, quelle qu’elle soit. La musique au sens large, avec ou sans majuscule, bonne, moins bonne, ancienne, récente, dépassée, nouvelle, prochaine, mais surtout un amour humble, avec le plaisir pour seule prétention. Il peut certes partir dans toutes les directions, et ça n’a de sens que servi par une grande rigueur d’éxécution et de production. Cela dit, tout dans ce disque là n’est pas également écoutable (par mes oreilles), mais il lui reste une charmante aptitude à la syncope, l’air de rien, qui emporte mon coeur.

pjharvejparish.jpgPJ Harvey + John Parish, A woman, a man walked by. [offert par mon homme qui m’aime] PJ Harvey, j’ai arrêté d’écouter quand elle est devenue la copine de Nick Cave, ça faisait trop pour une seule femme, à encaisser de mon coté. La jalousie est mauvaise conseillère, PJ Harvey est vraiment exceptionnelle, il semblerait que John Parish ait quant-à lui apporté une certaine complexité musicale. Etonnant comme sa voix a changé, ou plutôt s’est étoffée, et belle surprise, a acquis les intonnations sucrées qui faisaient défaut à la jeune fille (j’ai quasiment l’illusion d’entendre Siouxsie sur la première chanson - oui, Siouxsie Sioux a une voix sucrée), non pas que ce soient les plus utilisées dans ce disque d’ailleurs. C’est beau comment en une quinzaine d’années son timbre s’est plus encore dévoilé qu’affirmé. Les titres sont très accrocheurs, je n’en reviens pas de la vitesse avec laquelle je peux me refondre dans ce genre de freakshow glauquicroquignon. Et pourtant ça fait des années que j’ai tué les voix. (J’ai tué les voix des chanteurs d’abord, et ensuite, de manière générale les voix des fictions. Comme si c’était obscène. (réflexion redémarrée d’une récente discussion, blink … in progress).

mais à dire quelque chose d’aussi définitif que ce qui précède, contradiction immédiate, de même que tous ces disques n’ont vraiment rien à voir ensemble a priori.

couv_surveiller2.gifDidier Arnaudet & Jacques Perconte, À surveiller de près, à punir parfois, voir http://editionlebleuduciel.free.fr/surveiller.html . [emprunté à la médiathèque (champs libres)] Avec une accroche toute foucaldienne (trop chic adjectif), je ne pouvais pas éviter d’emprunter ce livre-disque. Beaux textes de Didier Arnaudet, rencontrés par la musique de Jacques Perconte, elle, totalement oval-esque. Très réussi. Jacques Perconte a une petite mine de choses passionnantes pour site, http://technart.net.

divaguations précisions Oval / Microstoria (aka Markus Popp), que je considère comme un paroxysme de la musique électronique expérimentale ( glitch ), pose nécéssairement la question d’être dépassé (depuis une petite dizaine d’années). Oval, à mon sens, a réalisé la relation d’équivalence entre : la vaguelette du bord de mer, transpercée au matin frais du soleil franc, le sable au travers, espace lisse granulosité exquise, et la brique de verre prise dans un mur de béton gris clair, peut-être une pluie au devant, en voile parfois perlé, le ciel descendu à hauteur d’yeux, de la légèreté.
Contemplations identiques, solitude pleine.

divagation contemplation, co-temple pour vénérations muettes, je n’ai pas ce sens de la spiritualité, alors j’invoque une étymologie personnelle: co-template, mêmes gabarits, mêmes traverses intérieures, découvertes projetées sur le paysage, ré-intégrées du paysage.
rester organique.

précisions divagations : succession de hasards naïfs, je retrouve des mots, mes voix divaguent, plus vague que jamais, je roule sans réfléchir.

Tout ceci étant dit, jeudi soir, si tout se déroule selon de diaboliques plans fomentés de longue date dans le plus grand secret, on va voir Matmos à l’Antipode de Rennes. Et ça c’est un sacré morceau de nouvelles.

des rythmes et des couleurs (ou pas)

Monday, March 30th, 2009

J’ai récemment appris, qu’il était possible que je sois un peu synesthète, la synesthésie étant “un phénomène neurologique par lequel deux ou plusieurs sens sont associés”. En l’occurence pour moi, nombres->couleurs principalement, et sons->couleurs. C’est en ce qui me concerne une sensation relativement faible, mais je n’imagine pas un monde qui n’étincellerait pas ainsi dans ma tête.
Ca m’a fait penser, mais en inversé, à certaines photos que j’aime prendre depuis longtemps. Comme l’amusette sur le billet précedent, qui en plus de paver mon insertion dans le monde merveilleux de l’ajax pas ammoniaqué, a fait partie de ma course avec la fin de l’hiver: avoir le temps de prendre en photo ces arbres nus, avec leurs boules de gui accrochées, comme des notes sur un rythme à décoder.
Il y a 10-12 ans, nous étions de grands marcheurs urbains, à toutes heures du jour et de la nuit. J’étais fascinée de ces densités de population, naked city, de toutes ces vies concentrées dans des cases, et enfin des rythmes visuels qui les organisaient. Une série de photo sur Villeurbanne et Lyon la duchère, prétentieusement titrée densité de population, donc, tirée pour partie des nuits durant au labo de la fac. Ce petit grain délicat.. et pour les autres images de la série, il faudra vraiment que j’acquière ce scan de négatifs, et je pense que 5 minutes manipulations numériques compenseront des nuits d’ajustement de filtres en lumière rouge. Petit pincement au coeur de tout cet investissement, au final, physique, qui je pense ne m’a pas été inutile malgré tout, partie de ma formation. J’écris physique, pas forcément par opposition à numérique, physique dans le sens d’une expérience qui s’inscrit dans le corps, dans la durée. Ressortir du labo photo, ivre de fatigue au petit matin, après s’être concentré toutes ces heures, avec des gestes répétitifs mais qui nécéssitent quand même précision et attention.


img6.jpgimg2thumbnail.jpgimg1.jpg
 

img5thumbnail.jpgimg3thumbnail.jpgimg4thumbnail.jpg

 


Ca me rappelle des copains qui me racontaient avoir appris la programmation informatique avec des cartes perforées, et le droit à une compilation par jour. Chaque ligne de code etait vraiment pesée et refléchie dans ces conditions. Tout à fait à l’opposé de ces méthodes de sagoins, qui pissent du code, par élimination plus que par déduction… mais j’avoue aussi fonctionner comme cela.
C’est toujours une question intéressante je crois. Quelle différence, entre nous qui vivons ces transitions, le passage à la virtualisation d’expériences physiques, tirer à la main des photos, passer un disque, faire des recherches bibliographiques in situ, etc.. et ceux qui n’en connaissent que les équivalents numériques? J’ai eu la chance d’assister à une présentation par Douglas Adams, quelques mois avant sa mort. C’était dans le cadre un peu délirant d’une grand messe des technologies mobiles à Cannes. Il disait que la génération qui voyait l’apparition d’une technologie avait peur de la déshumanisation, la génération suivante vivait la transition avec plus ou moins de facilité, quand à celle qui ne connaissait que cela, le vivait comme un acquis totalement naturel.
Pour moi se posent en plus les question du corps, et du temps. J’ai le souvenir de pouvoir facilement me laisser emporter (i.e. quand je n’avais pas d’enfants pour m’ancrer dans le présent), mais j’ai maintenant du mal à concentrer mon corps dans ma tête, et réelement je suis bien plus “efficace” depuis que je peux travailler debout. Et que signifie la disparition de la latence qu’induit la durée de construction/réalisation d’une expérience, si elle n’est remplacée que par une succession irréfléchie d’essais et erreurs?
quelqun.jpg(et je le dis comme une blague, cela signifie de nouveaux critères de sélection, en attendant que les machines ne prennent en charge la plupart de nos fonctions de déduction of course). Mais c’est peut-être dans ce sens, en tant que génération transitionnelle, que nous devons éduquer nos enfants par rapports à ces technologies. Faire que le temps gagné, soit vraiment gagné sur la mort, serve à produire de l’être, de la connaissance, étendre/répandre son humain intérieur.

double contrainte

Tuesday, March 24th, 2009

Ce blog: Depuis Tel Aviv m’évoque si clairement ma double contrainte israélienne. Tel Aviv me manque autant qu’il me serait difficile d’y vivre. Un bouillonnement d’énergies et aussi une certaine liberté d’expression que je n’ai pas encore retrouvés, mêlés à des paradoxes moraux insolubles (pour moi, pour l’instant).
En attendant une amusette bien locale rurale

 

mes parents sont des geeks

Wednesday, March 4th, 2009

non pas mes parents, ceux de mes enfants…
J’offre un bon café bien serré et la chance de m’aider pour le carrelage de la salle de bain à ceux qui trouveront ce que ça peut bien être que ça: (not random!)
pibin.jpg

 

et dans un genre plus trivial:
alien1.jpg
alien2.jpg

neg deg

Sunday, February 8th, 2009

sen0.jpgalors que je devais prendre ma soirée pour aller voir le sens de la vie pour 9$99 de Tatia Rosenthal d’après Etgar Keret (cliquer sur le titre pour voir la bande annonce), le wisigoth a cru bon de multiplier assez de symptômes gastro-intestinaux pour que ma culpabilité prenne le pas sur mon besoin de divertissements.
Dommage, j’avais frémit de nostalgie à la vue dérobée des décors, de l’ambiance, tellement tel-avivi (nous y avons habité de mai 99 à septembre 01) .. j’ai une bd d’adaptations d’Etgar Keret, ça dépote dans le style d’humour glauque, très culture israélienne moderne. J’en rigole encore parce que l’autre jour j’entendais boulet à la radio dire à une journaliste qui n’avait pas apprécié son travail ni celui d’autres auteurs présents à Angoulème:”mais quoi, vous voulez quoi, qu’on tue des petits chats?“, sauf que ben là, ils tuent vraiment les petits chats, enfin les petits lapins plutôt.

damasghost.jpgBref, du coup, cela m’a laissé le temps de fouiller des caisses d’archives à la recherche d’une photo pour Bérangère, en réponse à ce post-là. La porte de Damas, vieille ville de Jérusalem.
C’était en 97, je faisais encore de l’argentique, et je n’en ai retrouvé qu’un tirage très taché. J’ai alors scanné le négatif, mais comme je n’ai qu’un scanner normal, ça a donné ça. impossible d’en tirer plus de détails… tant pis, finalement ce petit coté fantomatique lui convient bien. Et par pure préciosité, j’ai laissé les bords du négatif.

Sinon, donc, à Rennes, dans le cadre du festival Travelling sur Jerusalem, (programmation géniale, je suis vraiment dégoutée de n’avoir assité à la moindre projection), nous avons quand même pu visiter l’expo de photo sur la vieille ville, quelques clichés là: Jérusalem, ville suspendue entre fin et début du monde.

responsabilités

Monday, February 2nd, 2009

Etonnant comme à divers niveaux, ma notion de responsabilités est chahutée depuis quelques temps.
épisode 1: membre du comité central d’une association axée sur le parentage et qui se veut une bulle hors-consommation, l’idée est lancée de “ne pas susciter le désir de consommation”.
épisode 2: j’écris sur un blog à propos de livres que je n’ai pas forcément compris (DG) ou qui peuvent être dévoyés de manière manipulatoire (Marshall Rosenberg, la CNV). Or la lecture de Mille Plateaux il y a une douzaine d’années, et celle du bouquin de Rosenberg il y en a un peu moins de deux, ont, j’ose le dire, bouleversé ma vie. Le premier me donnant l’impulsion nécéssaire à suivre mes lignes bien que n’ayant pas d’argument rationnel pour les justifier, voire en ne faisant que les suspecter, le second, me permettant, de structurer mes idées pour trouver l’empathie-qui-guérit à la place de la compassion-qui-fait-mal.
épisode 3: j’intègre une petite maison d’édition à la ligne directrice admirable et forte. L’on y discute d’insérer en bas de page, des notes de l’éditeur pour mettre en garde à propos de certains livres cités/ou pratiques décrites qui n’entrent pas dans l’identité morale que l’on voudrait représenter.
D’un point de vue strictement mémétique, je comprends bien que je n’ai aucun intérêt à disséminer les mèmes que je n’approuve pas. Du point de vue de mon éthique personnelle (et pour parler de ça, il faut vraiment que je finisse par le faire ce résumé du Foucault), cela me heurte. D’une part, parce que j’ai fait, au moins par deux fois, l’expérience de m’approprier ce dont j’avais besoin dans un texte pour avancer sur ma petite route sans pour autant endosser, soit parce que je ne pouvais prétendre la maitriser, soit parce que je ne pouvais en ignorer certaines mésinterprétations, toute la pensée d’un auteur. Il peut arriver, en lisant, en discutant, ces mystérieuses résonnances qui subitement rendent limpides des notions qui semblait floues ou inatteignables. D’autre part, parce qu’il me semble que lorsqu’une structure endosse une telle responsabilité, c’est empêcher la personne en bout de ligne de faire l’expérience de la sienne.
Peut-être qu’il n’y a pas de bonne réponse à cela. ou juste l’honnèteté de dire oui mais non, non mais oui.
L’homme me dit que j’ai un style incompréhensible ce soir, p’têt ben qu’oui, mais tant pis.

misc & pics

Monday, January 26th, 2009

une semaine sans posts.. je m’étais juré promis craché de ne pas parler maternage dans ce blog, juste un mot pour faire ma trop contente de rejoindre les Editions l’Instant Présent. Ames égarées sur ce blog, n’hésitez pas à cliquer, souscrire et commander, en plus d’accéder à une passionnante source d’information, ça permettra de soutenir l’édition indépendante.
Comme mon bon ami G. m’a une fois décrit, en devenant mère, je suis passée de la philosophie à la micro-politique, et j’aimerais que ce soit exactement ça. (sauf que je tente à présent d’engrenner les deux, lier l’instant présent nécéssaire aux enfants et le/mon temps distendu de la pensée..). Ma petite soupe de mèmes réclame depuis trop longtemps de l’oxygène conceptuel. Je souris.
snowflakezneko_quater.jpg
En attendant de reprendre sur le Foucault, deux images pour s’amuser dans la même veine, avec un petit chat bien connu ici. L’arbre spirale vient des illustrations de Gödel, Escher, Bach: A Mental Space Odyssey, un cours gratuit en ligne du MIT, à propos du bouquin de Douglas Hofstadter. Ce qui n’était qu’un hasard, (je cherchais via googlimage une silhouette de pine tree), se trouve plutôt bien tomber..
spiralcols_3.png
Et par suite, cela me permet de lier un article plein d’ouvertures sur I am a strange loop, je suis une boucle étrange, le dernier bouquin de Hofstadter..