Archive for the 'connaissance - subjectivité' Category

gestion mentale / Moebius à Cherbourg / Tai Chi Chuan on the beach

Sunday, August 7th, 2011

M’intéressant pour un certain nombre de raisons évidentes aux profils pédagogiques, et ne sachant pas par quel livre de Antoine de la Garanderie débuter, j’ai finalement commencé par “la Gestion Mentale” de Catherine Maillard, gestion étant à entendre au sens de geste. Nous parlons ici de “pédagogie des actes de connaissance”, “L’étude des moyens mentaux qu’un sujet peut mettre en oeuvre pour apprendre, mémoriser, comprendre, réflechir, imaginer…”.
Elle propose d’étendre les profils pédagogiques (auditif - visuel - kinesthétique visuel - kinesthetique auditif) à l’idée de profils émotionnels et relationnels, se basant en partie sur des données neurologiques ( imbrication des cerveaux reptilien -automatismes et instincts, peurs/colères - limbique : réponses émotionnelles controlées : tristesse/joie, néocortex : élaboration de la pensée // modèle ultra-simpliste, tout ceci étant nettement moins vertical ) et des modèles de positions de vie hérités de l’analyse transactionnelle.
taichi200.JPGC’est bien là que pour une fois je ne suis pas partie en courant, voire je suis ébahie de la pertinence de mes débuts dans l’application de ces modèles à mon propre cas ; elle propose en effet une introspection dédiée à repérer les habitudes émotionnelles et mentales à éventuellement rééquilibrer pour mieux fonctionner, ne serait-ce du point de vue de l’apprentissage, mais le spectre semble en effet total, tout en gardant à l’esprit qu’il s’agit d’obtenir des profils pédagogiques et non psychologiques.

Et vantons-nous, le tai chi sur la plage, c’est un grand bonheur.

Superbe expo Moebius à Cherbourg.
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(clic pour voir en grand)

saisir la transition

Thursday, June 24th, 2010

Je n’ose écrire la sublimation.
Je lis des choses que je ne comprends pas. Je les relis, encore, presque à vouloir hypnotiser les signes sur le papier ou l’écran. À force, je sais que des barrières mentales vont céder, et je crois, bien qu’il s’agisse de mathématiques, qu’il est plus question d’intégration que de compréhension. Pas de grand éclair, pas d’eureka soudain, enfin peut-être mais ce n’est pas obligatoire, c’est bien la subjectivation de la connaissance. Beaucoup de latences sont parfois nécéssaires, admettre qu’il faut laisser les concepts évoluer et faire leur chemin seul, sans être consciemment focalisée dessus. Mais ne pas oublier non plus de reprendre régulièrement le chemin des signes, les faire jouer, voir si la route est enfin ouverte, sinon, forcer un peu pour aller un peu plus loin, la route risque de se perdre sans cela. Ce qui hier me semblait totalement étranger, alienisant, éventuellement contre-intuitif, réussit à former un système cohérent et au final tellement intégré que toute cette période transitoire où je me trouvais vaseuse, mal-à-l’aise dans un brouillard conceptuel, elle-même s’évapore. Belle tentation d’oublier cette confusion dérangeante, pourtant est-ce l’occasion de piocher dans ce souvenir-là un salut possible version perdons-nous connaissance ?
Je sais aussi que l’étape suivante serait de se préparer pour le transmettre, même si j’ai peu de chance de mettre en pratique cet enseignement-là un jour.

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En attendant, je n’ai pas arrangé l’état de mon audition à la Bascule hier soir, au concert à l’électricité sérieusement enlevée de Napalm Jazz, ainsi que des légendaires Gendarmerie.

science sans conscience de sa subjectivité …

Wednesday, February 24th, 2010

Toujours sur le livre de Lionel Naccache “Perdons-nous connaissance ?”.
Petit résumé pour faire très vite. Il part du constat que pendant 3000 ans la connaissance a toujours été présentée comme une menace pour l’homme, jusqu’à ce que les Lumières renversent la situation pour aboutir à notre “société de la connaissance” actuelle. Il illustre cela des traditions
. grecque : Icare, interprété par la connaissance en tant que danger pour soi ; Socrate - Platon, la connaissance en tant qu’entrave à la vie sociale ;
. biblique : Adam et Ève, qui s’attache aussi à ses conséquences dans la relation amoureuse ; le pardès, paradis du texte révélé selon ses 4 interprétations : signification littérale (Pechat), sens allusif (Remez), sens d’exposition (Derach), sens secret (Sod) - soit donc PRDS - qu’ont pénétré quatres hommes (Haguiga du Talmud de Babylone) et qui les mena au choix à la mort, la folie, l’hérésie (amère) et le martyre.
. médiévale européene avec le mythe de Faust (Johann Georg Sabellicus, Allemagne 1480) dont il cite notamment l’adaptation par Thomas Mann dans Docteur Faustus, la vie du compositeur allemand Adrian Leverkühn raconté par un ami, inspiré aussi par Schönberg et Nietzsche. (La montagne magique de Thomas Mann est un de mes livres importants).
Il relate ensuite les stratégies utilisées tout au long de ces époques pour tenir la connaissance hors d’accès des hommes.
Dans les seconde et troisième parties, il établit, au travers de son expérience de neurologue, les définitions que j’ai reprises dans le post précédent et que j’ose crânement considérer comme le paradigme unificateurs de quelques intuitions que j’aurais pu avoir.
Il montre alors, face aux “brûlures” infligées par la connaissance et qu’il illustre pour les sphères personnelles, amoureuses, familiales et sociales, que la stratégie d’évitement de la connaissance adoptée par notre société actuelle qui est justement supposée permettre son accès à tous avec entre autre son idéal de transparence, consiste à confondre peu à peu information et connaissance, mettant de coté l’impact de celle-ci sur le sujet, de X->Y->X’, nous passons à X->Y, voire X->Y->Y’, soit une dissolution du sujet, en particulier dans la technique. Il faudrait que je relise cette partie, mais quelque chose me manque dans sa vision de la technique et appréhension de la découverte scientifique, qui est d’ailleurs, en conséquence de l’a-subjectivation impossible, assimilée à création plutot que découverte. (généraliser l’épistémologie alors ?). S’en suit un passage sur ces mathématiciens persuadés d’accéder aux ultimes vérités de l’univers, qu’après avoir trouvé un peu caricatural (de ma propre expérience des mathématiques, j’ai souvenir d’avoir justement toujours eu grande conscience la subjectivité de ma compréhension et de ma pratique, les mauvaises langues diront que c’est d’ailleurs pour cela que je n’en fais plus), j’ai fini par réaliser que c’était exactement l’idée sous-jascente au logicomix et cie, dont je parlais .

connaissance, subjectivité, le point de vue du neurologue

Tuesday, February 23rd, 2010

Quelques phrases extraites du livre de Lionel Naccache : “Perdons-nous connaissance ? de la mythologie à la neurologie”. (voir la revue sur philosciences), je suis en pleine dévoration.
. dans le chapître 1 Neurosciences-fiction de la seconde partie, il établit, au travers d’un certain nombre de cas cliniques, l’identité du sujet avec un système de fictions-interprétations-croyances.
. p 101 : L’acte de connaître met donc en scène trois entités qui sont respectivement : (1) le sujet X tel qu’il existait et se représentait à lui-même avant de connaître l’objet Y, (2) ledit objet Y qui est le support de cette expérience de connaissance, et enfin (3), le sujet X’ qui est le sujet X ayant assimilé l’objet Y, c’est-à-dire le sujet ayant mis à jour ses représentations mentales à la lumière des nouvelles connaissances acquises.
. p 127 : selon notre conception, la connaissance ne se limite pas à (la) circulation des informations, mais incorpore la manière dont le sujet est affecté dans son système de fictions-interprétations-croyances par les informations en question.
. p 171 : ce qui fonde la subjectivité du sujet n’est autre que le jeu de croyances, d’interprétations et de constructions fictives conscientes qui le définissent comme un être à nul autre pareil.