Archive for the 'lego my ego' Category

großbaß

Friday, March 26th, 2010

Herr Doktor Hans-D tourna le potentiomètre vers les 41 Herz. L’atténuateur n’y fit rien et Ursula hurla de plaisir.
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(en réponse à ça)

your life is like a Tony Conrad concert

Monday, March 22nd, 2010

(attention, je vais oser t’apostropher, hypothétique lecteur, mais comme je méprise du fond de mes entrailles les sites qui me supposent oiselle pré-adolescente et me tutoient, je vais pratiquer par la suite une distance polie et de bon aloi, surtout pour le cas, admettons-le, malgré tout relativement improbable où tu serais vraiment en train de lire ce post et où je ne te connaitrais pas, même de loin)

Bon, dans le cas plus que problable où je vous connais un peu et que vous avez l’insigne honneur d’être un cher et tendre mien ami sur fesses-de-bouc comme dit mon ostrogoth, vous ne serez certainement pas passé à coté de cette émouvante nouvelle : j’ai rebranché samedi ma platine vinyl et je m’en félicite. Pauvre parente de ma chaîne haute fidélité (Denon millésime 93, petits bijoux d’enceintes JM lab 93 aussi, 4 mois d’ennui ferme au département Hardware Mainframe chez un constructeur informatique nippo-britton à Reading UK pour m’offrir ça), toujours la dernière à suivre (ou à ne pas suivre d’ailleurs) dans les déménagements et être enfin réinstallée après des mois de tractations pour lui dégager un cube suffisament spacieux.
Et j’ai retrouvé ce disque complètement mythique : Tony Conrad with Faust, Outside the dream syndicate, 1973 Caroline Records. Sauf que je n’ai aucun souvenir de l’avoir acheté ou même écouté. Si j’en crois l’étiquette, je l’ai payé 10F00 (oui prequ’exactement 1,50 euros ami lecteur), en 1996, au Boulinier su’l'Boul’Mich, ce qui me semble totalement concordant avec quelque chose que j’aurais pu faire pour de vrai, surtout qu’à l’époque, je devais justement être dans une période sans (platine vinyl), n’ayant plus guère l’occasion d’arpenter le boul’Mich que lors de salvatrices remontées en TGV — j’avais quelques difficultés à m’acclimater à la vie lyonnaise — et reléguant l’idée d’écouter ce disque au même niveau qu’une tetrafoultitude d’autres trucs primordiaux mais pratiquement inaccessibles (à mon temps libre, à ma volonté, à mon porte-feuille, à ma capacité de concentration etc.).
Donc je l’ai acheté et je l’ai oublié. Et hormis le fait qu’il est décidement vraiment très bon, qu’il participe à une coïncidence toute fraîche (Tony Conrad a réalisé la bande sonore de Flaming Creatures de Jack Smith, que j’ai eu la chance de voir projeté sur grand écran ce week-end au musée de la danse/le garage, si le coeur vous en dit, il est aussi possible de visionner Flaming Creatures sur Ubu web, “The film features an array of transvestites, hermaphrodites, drag shows, a sexually ambiguous vampire, a drug orgy and a well-built cunnilingual rapist. Sexual ambiguity is a prominent visual theme, which is particularly shown by overlapping images of flaccid penises and breasts.” — ça c’était pour les mots-clefs ), ce disque, donc, me permet, à moi aussi, de me faire une sleeveface.
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(le titre de ce post est celui d’une chanson de Rubin Steiner)
(demain promis, j’arrête les docs martens, ça va finir par devenir pathétique)
(explosion de jonquilles, c’est le printemps)

vieux démons que j’aimais

Tuesday, December 8th, 2009

(vagues d’ego vagues réminiscences décousues name dropping substance dripping)
Hasards toujours, convergences j’espère, je relis des maths. Oh de la vulgarisation, rien de plus. Ceci menant à cela, je lis enfin le fameux Gödel, Escher, Bach (GEB) sur lequel, depuis les 10 ans qu’il siégeait quelque part dans ma bibliothèque, je m’étais à plusieurs reprises endormie. D’ailleurs, quasi 10 ans que j’ai quitté ce monde-là.
Et voilà l’impression d’être à la maison, aussi de mesurer un peu tous les efforts que j’ai faits depuis, n’étant plus dans ce monde-là pour m’intégrer à un autre, pragmatique, social … parfois tentations de capituler … ce qui n’est possible à aucun niveau de toute façon.
Pour rattraper Gödel, j’ai pris Logicomix, qui bédéïse l’histoire des logiciens autour de Bertrand Russell et Ludwig Wittgenstein. Russell (relativement succinte bio wikipedia français ) est un type énorme, incroyable, mathématicien, philosophe, prix nobel, militant pacifiste, défenseur de l’amour libre ; ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi on ne le connait pas plus en France (contrairement à Wittgentstein ). J’ai d’ailleurs appris qu’il avait crée en 1927 avec sa femme de l’époque, Dora, une école qui reposait sur un principe de liberté afin d’encourager naturellement maturité et auto-discipline. (dans la bédé, cette expérience est présentée comme un échec, peut-être plus dû aux personnalités des Russells).
À la fois étrange et intéressant parti-pris de Logicomix, d’aborder les logiciens sous l’angle de la folie. Vieux démons que j’ai fuis. J’ai toujours pas mal fui toutes les maths discrètes en fait, ainsi que la logique. Ça m’énervait. Je trouvais ça à la fois vain et essentiel et tellement essentiel que ça me faisait peur — tandis que la continuité était tellement délicieuse — .
Dans le GEB, il y a ce passage (ouverture chap. 4) qui résume bien ce qui avait fini par être pour moi une application directe de cet effroi : (traduction à l’arrache by cibi, mon exemplaire is in English)

(au chapitre II), nous avons vu comment le sens — du moins dans le contexte relativement simple des systèmes formels — naît lorsqu’il y a un isomorphisme (*cb: grosso modo correspondance un à un*) entre des symboles régis par des règles et les choses du monde réel. Plus cet isomorphisme est complexe, plus nous aurons généralement besoin d’équipement — hardware et software — pour extraire des symboles, du sens. Si un isomorphisme est très simple (ou très familier), nous pouvons être tentés de dire que le sens de ce qu’il nous permet de voir est explicite. Nous voyons le sens sans voir l’isomorphisme. L’exemple le plus flagrant de ceci est le langage humain, où les gens attribuent du sens aux mots en eux-mêmes sans avoir la moindre conscience du très complexe “isomorphisme” qui le leur insuffle. C’est une erreur très facile à commettre : attribuer tout le sens à un objet (le mot) plutôt qu’au lien entre les objets et le monde réel.

Je ne parle pas de problème de communication dans le couple. Je parle de réussir à acheter son pain. Alors un jour, je me suis souvenue de ce Wittgenstein dont j’avais de très loin entendu parler. Un mathématicien philosophe qui se serait intéressé aux fondements du langage ? mais vite, vite, une réponse, il détient certainement une réponse ! De la certitude, c’était tellement exactement mon besoin, de la certitude du monde en dehors de ma tête, après le bord de mes lèvres qui articulaient les mots avec tant de peine. J’ai très rapidement compris qu’il valait mieux pour ma santé mentale que j’enfouisse ce bouquin quelque part très loin.
Enfin, peut-être par nécéssité, vint l’habitude du saut. Le saut des mots hors de la bouche, un léger vertige parce que l’on sait que la certitude n’est rien de plus qu’une croyance, un mythe, une superstition, j’ai appris à profiter du vertige, même parfois à m’en enivrer sans faire attention et à accepter cela.
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(photo jd clic pour la voir en grand)
Dans les choses lues récemment, j’ai aussi accroché à une citation de David Foster Wallace dans Everything and More, a compact history of Infinity comparant les équtions différentielles à du calcul intégral sous hallucinogène de classe 4. Ouais, d’ailleurs c’était mon truc ça plutôt. Réciproquement, Wittgenstein aurait pris des drogues psychedeliques qu’il n’aurait pas été si triste dans la vie. Moi j’ai peut-être maintenant suffisament d’ancrages dans la mienne pour le lire. Wallace parle aussi du personnage de mathématicien fou comme figure récurrente de la pop culture. C’est vrai, et le romantisme avec lequel c’est souvent montré m’horripile, la folie ça n’a rien de glamour. J’avais bien aimé le Pi de Darren Aronofsky pour avoir évité cela justement.

De l’hypothèse du continu(um) au concept du continuum… c’est le drame, le miracle, l’intense frustration et l’incommensurable joie de mes 10 dernières années.

[ach] Paris[sss]

Wednesday, November 18th, 2009

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j’ai toujours un choc
en voyant
la tour
Saint Jacques
toute nue
et
toute pale

 

fuckin’ RER A
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dématérialisation de la Défonse
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as I see trees

Wednesday, November 18th, 2009

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haiku des vacances

Saturday, November 7th, 2009

gravi un volcan, [puy pariou]
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dansé sous une pluie de lettres,[Tsang Kin Wah, superbes installations à la Xième biennale de Lyon]
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bouquets du chateau ! [Chenonceau, autres fantomes en couleur ]

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Ach Berlin - 2

Sunday, October 11th, 2009

Avoir quinze ans et voir les Ailes du Désir. Peut-être bien la première fois juste parce qu’on m’avait dit qu’il y avait une scène où Nick Cave chantait, et le revoir, pour tout le reste, avec l’envie d’apprendre par coeur toutes ces voix, et même toutes ces images.

Avoir quinze ans et pressentir que le monologue de Marion la trapéziste, à la fin, deviendrait l’aune à laquelle mesurer toute prétention amoureuse.
J’ai beaucoup cherché le scénario en français, épuisé depuis longtemps, j’avais fait ces photocopies au détour d’une bibliothèque municipale.

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Ich weiss jetzt, was kein Engel weiss.

Ach …

Thursday, October 8th, 2009

Ach, comme dans “Ach, Berlin…”
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Une de mes vaines fiertés est d’avoir appris que la France avait gagné la coupe du monde de foot en ‘98, en sortant à une heure quelconque de la nuit, du Trésor Berlin. C’était la love/hate/fuck/whatever parade, nous étions encore jeunes et déjà insouciants et le dernier match de foot que j’avais vu était le France Allemagne avec le gars Schumacher-là (en 82) ; j’en ai encore un souvenir indigné, c’est peut-être à cause de tant d’injustice que je n’ai jamais réitéré depuis. Le même soir (en 98, pas en 82 ), nous étions allés au Glashaus, un club en bord de Spree, j’y avais pris la jolie lomo que voici et qui egaye toujours nos murs depuis :
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Ach Berlin, Einstürzende Neubauten, le Tresor, et les grösses Frühstück …
et aujourd’hui je rajoute Robert Henke (et le projet http://www.monolake.de). Il se trouve que le mur est tombé il y a bientôt 20 ans.( Mein Gott, j’en ai encore des frissons de la nuit devant la télé et du coup je me demande de quoi peuvent bien causer maintenant les cours d’allemand au lycée, je suppose que ça a dû sérieusement se normaliser.) et qu’à l’occasion, un certain nombre de personnes bien intentionnées vont se fendre de rétrospectives, à commencer par un certain éditeur avec un magnifique projet à thématique musicale dont je reparlerai certainement, et plus près d’ici (pour le moment), à la médiathèque les Champs Libres de Rennes, une expo photo, une série de conférences, et une sélection de disques. C’est dedans que j’ai pioché, à moitié vexée de ne pas connaître (quoique si, on avait déjà du monolake), Robert Henke, deux disques : layering buddha et atom / document, qui chacun dans leur genre (voir description sur les liens) me font penser que rien n’est perdu au royaume de la musique électronique, au contraire.

à part ça, puisqu’on en parle, le festival electroni-k c’est en ce moment. Je pourrais assiter à une conf de Jean-Yves Leloup au lycée agricole de Guingamp, ce qui frôle le cadavre exquis. Il y a des chances que l’on tente cinq minutes de rave avec les gnomes au musée d’art et d’histoire de Saint Brieuc… et avec un peu d’insistance, peut-être quelques expos ou concert.

Bon, à Berlin cette année ?

de la dématérialisation du cavalier et autres vracs

Tuesday, October 6th, 2009

plus d’un mois sans rien poster, rentrée en vrac de chapeaux de roues

  • j’ai ouvert un compte flickr et je n’y mets que des photos que je réprouve totalement : recadrées, filtrées, putassiérisées. Petites histoires : pour les besoins des illustrations de ce livre que nous finalisons (il est toujours temps de souscrire), je me suis prise une matinée de photos sylvestres. Desquelles j’ai tiré une série d’images, travaillées en filtre Retinex puis désaturées de couleurs. J’aime finalement ces vues qui perdent toute dynamique d’en avoir trop, trop de sollicitations, comme un aplat brut, vif, perçant avant analyse, une texturisation systématique qui correspond parfois au monde, fulgurant. Enfin tant d’humidité et de verdure nuisant rapidement à mon moral, j’ai éprouvé le besoin de m’assêcher un peu la vue, et je suis tombée dans le cliché western
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    jusqu’à la dématérialisation du cavalier qui sous ses quelques pixels active mon imagination.
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  • je me suis brainwashé avec bonheur dans plus de 2000 pages de teenage paranormal romance, histoire de reconnecter avec mon ado intérieure qui n’est jamais bien loin de toutes façons, je n’ai même pas honte.
  • du coup, j’ai pris un Philippe k. Dick a.k.a. Horselover Fat, ça faisait longtemps, là le maître du haut-chateau, délicieuse dédicace “A ma femme Anne sans le silence de laquelle ce livre n’aurait jamais vu le jour”
  • et avons emprunté plein de bons disques, objets d’un futur post, I hope.

patterns = motifs

Wednesday, September 2nd, 2009

Il y a peu, j’ai élucidé la traduction d’un terme que j’employais depuis longtemps presqu’exclusivement en VO : pattern. J’hésitais parfois : structure, dessin, mais le plus souvent je ne prenais même pas la peine de traduire, tant pattern en soi portait un sens bien plus fin que l’un et l’autre. J’ai fini par regarder dans le dictionnaire, j’ai trouvé motif. Et c’est parfait motif.
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J’avais rencontré pattern pour nommer ces choses si spécifiques ( voir par exemple pattern formation / self-organisation sur scholarpedia ), entre ordre et hasard, issus de la turbulence ou du chaos, structure sous-jascente à découvrir, émerveillée. Tout cela est tellement loin, je n’ai plus désormais qu’à en saisir les apparitions dans la vie réele.
alguesbz2.jpgPlus haut à gauche, l’empreinte du courant de marées dans le sable d’un havre. C’est l’équation de Navier Stokes qui modélise cela.
A droite, une algue qui s’étend sur une autre, ou les ailes du papillon (photo de l’homme (pff), clic pour voir en grand, ça en vaut la peine ). papillon.pngCe sont des équations de réaction diffusion qui modélisent ces graphismes.
Quelques lignes de symboles mathématiques, une infinité de motifs contenus dedans.
C’est quelque chose de tout à fait transcendant, je veux dire par là que si je voulais évoquer l’idée du divin, c’est peut-être une des métaphores que j’emploierais pour l’illustrer ; pas tant pour le coté auto-organisation que plus globalement l’abstraction mathématique qui contient l’infinité des réalités. (ou une infinité d’approximations)
Allez, peut-être profiter de la rentrée pour refaire des maths.

un petit bout du monde à moi

Monday, August 31st, 2009

(clic pour au besoin voir en grand)

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recettes de l’été

Sunday, August 9th, 2009

so far :

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- peinture à l’ocre (rouge et jaune) du Centre d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement de Côte d’Or ;

 

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- ocre rouge + lasure Kreidezeit ;

 

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- bulles géantes ici et ;

 

- gateau à l’amande et ze brownie du Café Clochette.

la fiction est l’opium du peuple

Wednesday, July 15th, 2009

J’essaye de réfléchir sur mon malaise à propos de la fiction et des voix. Pourquoi ce sentiment d’indécence. Une première réponse est évidente, il m’a été tellement étonnament difficile de plonger dans la vraie vie des émotions, une fois devenue mère, que les émotions procurées par les fictions diverses me paraissent dénuées de sens, ridiculement dénuées de valeur.. même si je reste la première à m’y laisser prendre bien-sûr, et souvent avec ravissement.
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Ce soir, je découvre via µTime, le cinéaste soviétique Dziga Vertov (lire dans ce billet le manifeste ciné-oeil). Rien vu de lui, mais depuis sa page wikipedia, je reprends cela “Selon Vertov, le cinéma drame est l’opium du peuple. “, j’accorde : la chanson drame, le livre drame, etc..
Fait extraordinaire, je suis récemment allée au cinéma deux fois à une semaine d’intervalle. La première fois pour Departures de Yôjirô Takita, la seconde pour Jaffa de Keren Yedaya. Je suis toujours bon public, mais horriblement snob après la projection. Passer outre cette étiquette que je m’accolle comme une excuse pour qu’on me foute la paix avec mes goûts/dégoûts sans appels, et comprendre pourquoi le premier film m’a fait pleurer alors que je le considère relativement médiocre, et pourquoi le second m’a laissée les yeux secs tandis que je le juge excellent. J’ai d’abord pensé que c’était peut-être une question de rigueur morale si tant est que cela puisse signifier quelque chose en art. Comme une juste position de l’auteur vis-à-vis de son sujet, de ses personnages, une humilité nécéssaire. Et j’ai eu un cas analogue en musique. Pourquoi Seneca, le premier titre de l’album Standards de Tortoise est capable de me mettre dans un état émotionnel intense, comme si je vivais intérieurement le pur coucher de soleil d’un été adolescent, tous les indicateurs poussés au maximum, saturés, et pourquoi avec les mêmes armes instrumentales John Zorn dans The Dreamers me permet lui de passer de l’autre coté du mirroir, d’une manière sèche et tempérée.
Je crois que j’ai là un élément de réponse. Je peux distinguer d’une part les oeuvres qui tiltent les bons neurones, les bonnes connexions, qui font appel en premier lieu à mon vêcu que l’on voudrait universel, est-ce ma sympathie qui est visée ? et d’autre part les oeuvres qui peut-être ciblent les mêmes choses, mais non pas pour activer ma machine émotionnelle, mais pour participer à une construction, qui est, au final, proprement une oeuvre. Je pense que je suis en train de parler d’émotion esthétique, et c’est la première fois que j’en entrevois l’essence. Un peu ce que disait l’homme (pff) dans son commentaire à mon précédent post, retirer l’échafaudage et il reste l’édifice.

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La fiction drame est de l’opium, la fiction expérience constructiviste, du LSD.
Cette histoire d’humilité n’en est pas non plus détachée finalement dans le sens où dans un cas l’artiste met son oeuvre à son service, dans le but par exemple d’émouvoir un public, et dans l’autre c’est bien le contraire, un artiste au service d’une oeuvre, d’une idée. (bien que j’imagine qu’à la base, tout artiste se sente certainement investi d’une oeuvre)
Je ne peux pas dire que l’édifice construit sur l’émotion esthétique est sensé prévaloir sur l’activation de la machine émotionnelle, mais je suis certainement entrée dans une phase où la fiction globalement me semble vaine si elle n’est pas au service de l’esthétique (et merci pour moi, je m’intéresse suffisament aux arts expérimentaux pour avoir une appréhension trèèèèès large de l’esthétique justement). J’ai aussi l’impression de pouvoir extraire désormais, de cette émotion esthétique, une jouissance bien supérieure.
Je me souviens aussi avoir pensé exactement le contraire quand j’avais 15 ans.

et vrouc

Monday, June 15th, 2009

- par un enchainement qui n’amusera personne et qui commence dans la salle d’attente du dentiste, je me vautre avec délectation dans mon premier livre de fiction depuis un bail: Habitus, de James Flint. [ bon allez, si, voilà, je vais quand même l’écrire, il y a une douzaine d’années, j’avais un tout petit site mignon : le pli de la vague, pas beaucoup de contenu, mais certaines choses vraiment bonnes comme le texte de Monsieur O. sur Deleuze Guattari et l’underground, et un article sur la musique électronique japonaise avec une interview de Tetsuo Furudate par Jerome Schmidt et un complice. Or j’ai découvert en ouvrant un nouvel obs dans la salle d’attente du dentiste, que J. Schmidt (qui par ailleurs a fait plein de trucs très interessants) est aussi à la base d’une maison d’édition : Inculte - quel concentré de futurs éditeurs dans ce petit espace! okok je ne suis pas tout à fait dans la même cour -, au comité éditorial très chic, dont un nom que je connaissais un peu: Claro, le travail duquel j’avais beaucoup apprécié pour La maison des Feuilles, de Mark Z. Danielewski. Il y a avait un forum plutot sympa à propos de ce bouquin-là, modéré/animé par Claro himself pour le versant francophone, qui avait un peu parlé de ses autres traducs, dont James Flint. J’avais alors acheté Habitus, et aussi tenté ma chance sur Pynchon. Mais pas encore eu la bonne dose de courage/concentration pour m’y plonger. Quelques années plus tard, envie de retenter le coup d’un bon gros roman, ben je ne suis pas déçue ! ] [ Est-ce l’âge ou ma sous-culture est vraiment en train de devenir dominante ?]

- avons attéri un peu par hasard là: campagn’art 4 organisé par l’association on lâche rien sauf les chiens, le week end dernier.. ostrogoth bondissant de joie et de liberté, wisigoth qui s’est lié d’amitié avec un renard empaillé placé dans un bosquet, et a terminé en meitai dans mon dos pour écouter Betty Ford Clinic tout à fait sympathiques. Le plus drôle est qu’il n’était pas le seul petit drôle en porté bébé… [Est-ce l’âge ou … ? ]

- végétation partout d’une incroyable luxuriance, avec le vent fort des derniers temps pourris, toutes ces masses soudains mobiles, de la gravité dans le printemps. [version haiku : vent fort au printemps / luxuriance en mouvements / soudaine gravité ] . quelques éléments de la faune locale sur le flickr de monhomme.

- aperçu d’un certain genre paradis http://456.im/wp/about/ [ si quelqu’un a envie de lancer ça avec en plus un espace dédié aux enfants, je m’associerai avec joie, on peut même faire ça chez moi ]

 

- les deleuzeguattarivitesseinfinie et nietzscheléveillé sortent ces jours-ci au sens figuré, et il faudrait vraiment que je termine mes petits résumés du Foucault avant de m’y plonger, parce qu’en plus les juicy bits sont vraiment les prochains, ceux qui m’ont donné l’urgence d’en conserver des traces ici.

- bref, pas grand-chose, juste histoire de ne pas abandonner ce blog.

Rubiiiiiiiiiiiiiiin

Thursday, May 21st, 2009

non! oui! quoi? alors alors alors, tout à l’heure, j’étais dans un état second de ménagère en réception familiale, à l’approche du repas, et comme, oui, comme oui j’ai un ordinateur sur ma banque de cuisine, si si, enfin c’est aussi le plan de travail du salon, enfin bref, dans un état second, en attente oiseuse d’une fin de cuisson, je check mon aggrégateur de flux , et tombe sur un update rubinsteinerien (site http://www.rubinsteiner.com/ , blog le stéréophile) si si, qui parle des beasties boys, et pareil pour moi, pareil, les Beastie Boys, c’est une grande référence, et je m’y suis mise comme il dit, parfois avec un peu la honte de laisser pénétrer des sons que je ne trouvais pas honorables, et pourtant c’était vraiment bon, alors en commentaire à son post, j’ai écrit bêtement que j’étais d’accord, bêtement, sans réfléchir, sinon j’aurais jamais osé. Et.. no way! si!
Alors Rubin, je dois te dire, si si, grâce à toi, on a fait un beau voyage! Si si. Je vais m’expliquer. C’était en 2006, et on a découvert, rigolote pochette, nom en forme de private joke que nous seuls pouvions comprendre, ce disque : drum-major.jpgRubin Steiner : Drum Major ! A cette époque là, j’étais enceinte du wisigoth, mais j’ignorais alors qu’il n’était pas une petite wisigothe (qui aurait été destinée à un prénom pas croyable d’ailleurs mais pas tiré du Can you spell it bien que ce tître n’ait cessé de nous amuser justement), l’ostrogoth, notre ainé, avait 4 ans, et à cette époque là, on était particulièrement dans la dèche. Et ce disque, je l’ai beaucoup écouté, parce qu’il me donnait une pêche pas possible, très joyeuse et tout, et je faisais beaucoup de route, et enfin la voiture, je dois avouer que c’est un de mes derniers espaces pour écouter la musique calmement, sans faire trente six autres choses en même temps. Bref, ce disque m’a beaucoup accompagnée, toute cette grossesse. Et notamment la chanson Schlaffenwagonnet (ça c’est du titre ! ), qui comprend une ligne, je ne suis même pas sûre que ce soit vraiment le bon texte, mais je l’ai toujours interprétée comme “me & the boyz on a ride to California, can you dig it, can you dig it, can you dig it“. Oui oui, alors je me suis promis qu’on irait, si c’était un petit gars, en Californie, tirer la route américaine, moi et mes gars. Et pourtant raides comme on était ça semblait bien improbable. Et qu’on écouterait Rubin Steiner. Et que croyez-vous qu’il se passa? Et bien nous en fûmes, une grosse année plus tard.. assise sur mes quelques écolos principes, nous avons pris un gros avion, loué une grosse voiture et fait un pas possible voyage au far west, début et fin en Californie, passages dans des déserts ( ce qui était le but initial tout de même ). Et croyez vous que nous y écoutâmes Rubin Steiner ? Hé bien non, j’avais oublié , au moment de partir, ma pile de disques prévus spécialement pour le voyage, including Sonic Youth, bad moon rising (Death Valley 69 avec Lydia Lunch, excusez du peu - oui mes enfants ont l’oreille musicale relativement tolérante - )… A la place, on a pêché avant de s’envoler un ou deux Arvo Pärt, ce qui, dans le genre joyeux, est assez raté. Ce fut néanmoins un merveilleux voyage ; quelques images publiques ici.
Tout ça pour dire, que si je n’avais pas émis ce voeux opportuniste à l’écoute de cette chanson, nous n’aurions peut-être pas osé. So, merci!