j’ai dansé une sixième fois

ai dansé une sixième fois, une sixième Extension Sauvage, sous l’égide de Yaïr Barelli (http://www.yairbarelli.com). ( les deux premières fois : ici, et je sais, il faut aussi que je parle des suivantes, en un mot pour l’instant avec l’espoir de faire mieux plus tard… avec Latifa Laâbissi, la grande libération structurée, avec Sophiatou Kossoko, l’intelligibilité du mouvement, avec Julie Salgues, une pièce d’histoire essentielle).
À mon émerveillement renouvelé, j’ai l’impression d’avoir, à cette occasion, touché à nouveau quelques de morceaux de (self) compréhension / appréhension du monde.
Avant la compréhension, - elle chemine en fait, aidée des vidéos des spectacles de Yaïr (http://vimeo.com/user7429457) - a postériori, il y a, il y a surtout l’immense plaisir … indescriptible : le plaisir insensé que je ne saurais décrire à celle que moi-même j’étais avant d’entamer cette série d’ateliers. Le plaisir d’une pratique du corps qui l’immerge dans des états cognitifs de haute concentration et d’inespérés élans, inqualifiables autrement qu’en faisant appel à l’artistique (même s’il est forcément subjectif, egocentré, et auto-attribué) et à ce concept extra-ordinaire que je découvre : la danse.
(contemporaine)

L’expérience du moment, du soi (est un autre et émoi), de l’air, de la conscience physique ou non, et des mots qui viennent ou pas. Le désir de n’être plus que sincère - dans son corps aussi -, authentiquement constituée de riens et touts, traversé(e) d’instants grotesques, ou d’incarnations aériennes, de pensées subites ou bien depuis longtemps cultivées qui possiblement occupent tout le spectre du beau au haïssable, du primordial au méprisable. Ainsi…
(se sentir) dans son cœur, trouvé (parfois), ni corporel, ni intellectuel, juste à mi-chemin.
La danse, l’expérience du mouvement et de la parole - et chacun peut s’évaporer dans l’autre -, comme, ontologiquement, une intégrité particulière du corps et de l’esprit, revêtue d’une sèche nécessité.

Je regarde les vidéos de Yaïr, c’est exactement tout cela (tout ce que). Et voilà, c’est ça, une incarnation de la résistance à l’alienation.
Je fais ici référence à l’aliénation de l’accélération sociale dont j’ai relaté le début ici (http://am.disjunkt.com/?cat=20), et à la fin du livre dont je n’ai justement pas parlé, (mais justement), y était lancé un élément de réponse : l’expérience sensible du monde. J’y voyais alors tout l’affect que je mets dans l’improvisation musicale en général, et la musique expérimentale en particulier. J’y vois désormais en plus cette chose : danse.

Aujourd’hui, toutes mes pensées sont dirigées vers ces moments infinis.

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